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Les athlètes échangeraient tous 10 titres mondiaux contre une médaille paralympique 

Interview de Jean Minier, actuellement à la tête de la délégation française aux Jeux de Tokyo. Ce dernier revient sur la préparation et sur les ambitions de l’équipe tricolore. Petit point d’étape en ce début de compétition, avec celui qui est aussi directeur des Sports du Comité Paralympique et Sportif Français.

Pouvez-vous rappeler quelles sont les ambitions de l’équipe de France paralympique aux Jeux de Tokyo?

La France se fixe un objectif de 35 médailles à décrocher. C’est-à-dire un niveau intermédiaire entre la moisson des Jeux de Londres en 2012 et celle de Rio en 2016 (NDLR : les tricolores avaient remporté 45 médailles en Angleterre et 28 au Brésil). Un objectif qui n’a rien de modeste. Cette estimation a été calculée sur la base des résultats des athlètes lors des compétitions de références organisées depuis cinq ans, notamment aux championnats d’Europe et aux mondiaux. Malheureusement, beaucoup de compétitions ont été annulées. D’où le fait qu’on ne détaille pas plus les objectifs, en ne s’avançant pas sur la couleur des médailles notamment.

Quelle place visez-vous au classement des nations? Après la 12e place obtenue aux Jeux de Rio ? 
Nous n’annonçons pas d’objectifs non plus sur ce point.

« A l’approche de la compétition, les athlètes sont plus impatients que jamais »

Le report des Jeux a-t-il impacté la préparation des athlètes? 

Malgré le contexte, les athlètes arrivent aussi bien préparés que pour les précédentes éditions. Je remarque que ça n’a pas perturbé les anciens, comme Marie-Amélie Le Fur, qui sera prête cette année comme en 2020. Idem pour Arnaud Assoumani, etc. Quant aux plus jeunes, le délais les a même plutôt aidés, en leur donnant plus de temps pour obtenir de bons résultats et donc une sélection. Pendant la crise sanitaire, les autorités françaises ont assez bien géré, les athlètes de haut niveau ont pu obtenir des dérogations pour s’entraîner en salle, accéder aux piscines…

Je ne dis pas qu’il n’y a pas eu d’impact négatif. Bien sûr, les confinements ont été très contraignants, certains ont été touchés par le Covid-19… Difficile aussi de maintenir son niveau et de progresser sans avoir l’occasion de se confronter à ses adversaires, car on a toujours besoin d’épreuves. S’entraîner ne suffit pas. En particulier pour les sports collectifs comme le rugby en fauteuil, le cécifoot,  les sports de raquette ou de combat. Des sports où l’on construit son jeu en fonction des forces et des faiblesses de l’adversaire.

Pas de différence majeur dans l’approche des Jeux, donc?

La grande différence, c’est que ça a rendu les athlètes encore plus impatients. Peut-être encore plus motivés également. Sachant que les Paralympiques restent une compétition à part. Les athlètes échangeraient bien 10 titres mondiaux contre une médaille paralympique ! Avec le report des Jeux, ils n’en peuvent plus d’attendre. Déjà en temps normal, pour un sportif quatre ans c’est long …Alors cinq…

Est-ce que la perspective de Paris 2024 change l’approche de ces Jeux? Par exemple, en ajoutant une motivation et une envie supplémentaires, pour montrer que la délégation tricolore répondra présent aux prochaines olympiades…

J’avoue que pour le Comité paralympique, les Jeux de Tokyo sont tellement compliqués en termes d’organisation que Paris 2024 paraît bien loin de nous… Pas le temps d’y penser. Du côté des athlètes, je n’entends pas parler de ça non plus, pour l’instant.

Florent Godard

Crédit photo : CPSF

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