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Benjamin Daviet, Porte-drapeau, veut transmettre sa force mentale!

Benjamin Daviet, biathlète fondeur de haut niveau au sein de l’équipe de France  depuis 2011 participera à ces troisièmes Jeux Paralympiques à Pékin après Sotchi en 2014 et Pyeongchang 2018.

Lors des deux éditions des Jeux paralympiques, en 2014 à Sotchi il a obtenu une médaille de bronze en relais du ski de fond et côté Biathlon il a terminé à la 7ème et 9ème place.  Puis en 2018 à Pyeongchang, il a remporté trois médailles en biathlon dont deux titres et une médaille d’argent, et deux en ski de fond, une de bronze et l’or du relais avec Anthony Chalençon, Thomas Clarion et Antoine Bollet. Enfin, lors des championnats du monde à Cable en 2015, Benjamin a obtenu cinq médailles, aux États-Unis : une médaille d’or, trois médailles d’argent et une médaille de bronze. Et deux ans plus tard, il est à nouveau titré pendant les championnats du monde disputés à Finsterau, remportant une médaille d’or et d’argent et de bronze.

« On est des sportifs de haut-niveau avec un handicap et non des personnes en situation de handicap qui font du sport »

 

  • Benjamin, tu as été désigné par tes pairs, Porte drapeau de la Délégation Française pour les Jeux de Pékin 2022, fin janvier, quelle a été ta première réaction ?

 

  • « Rire » Ma première réaction, super ravi, super content, très heureux d’avoir été élu porte drapeau et capitaine de la délégation, déjà je les remercie tous d’avoir voté pour moi, je pense aussi que c’est une bonne reconnaissance de mon parcours et de mes valeurs sportives, donc très heureux !

 

  • Tu succèdes à Marie Bochet, comment te sens-tu là, quelques jours après en étant capitaine ? As-tu cette impression d’avoir enfilé une veste supplémentaire ?

 

  • Non après, je prends ce rôle très à cœur, c’est plus un rôle pour ma part où je veux être auprès des athlètes. Que ce soit dans les bons, comme dans les mauvais moments. On sait que les Jeux, ce ne sont pas toujours des courses faciles, ni celles qu’on on a rêvé. On a eu la preuve récemment avec Victor qui s’est blessé, c’était important pour moi d’être avec lui dans ce moment difficile. C’est un jeune qui a vraiment la tête sur les épaules qui sait où il va, et ça s’est super bien passé. Je vous aussi leur partager mon experience et de soutenir tous les athlètes.

 

  • Donc Victor c’est un jeune qui finalement devait partir aux jeux et qui s’est blessé ? et qui du coup n’est pas parti c’est ça ?

 

  • Non, du coup il est aux Jeux mais il s’est blessé lors du premier entrainement., Victor est vice-champion du monde de slalom en fauteuil et il s’est fracturé une vertèbre lombaire. C’est un coup dur pour lui

 

  • Est ce qu’on peut dire qu’il y a une vraie cohésion dans cette équipe de France ?

 

  • Oui carrément, il y a une vraie cohésion c’est vraiment soudé, c’est aussi ce que j’ai envie que ça soit. Que l’image passe aussi bien auprès des médias, ou n’importe où que ce soit. Auprès des athlètes aussi, parce que forcément il y a des jeunes qui vont continuer et d’autres qui peut être arrêteront, je ne sais pas trop qui encore… C’est aussi de créer cette dynamique-là pour la suite, pour les saisons prochaines et surtout pour le rendez-vous dans 4 ans à Milan.

 

  • Quelles sont pour toi, même si tu viens d’y répondre un peu de manière indirecte, les qualités d’un porte-drapeau et d’un capitaine d’équipe ?

 

  • Charmant, beau gosse, souriant, « rires ». Non, je pense que déjà la qualité ça peut être la force mentale et physique que je peux avoir, surtout mentale. Je veux la retransmettre aussi de différentes manières auprès des athlètes tricolores. Mais aussi mon expérience, ce que j’ai connu Sotchi où ce n’était pas forcément des jeux rêvés pour moi, je passe aussi à côté d’une belle médaille en individuel. A Pyeong Chang, je vis eu des jeux complètement incroyables il y a 4 ans. C’est vraiment un partage que souhaite transmettre auprès des jeunes justement pour qu’ils vivent ça pleinement, et qu’ils ne se mettent pas une pression de malade parce que ce sont les Jeux. Les athlètes en face ce sont les mêmes qu’en Coupe du monde ou Championnat du monde, la concurrence c’est la même.

 

  • Après c’est vrai qu’on te connaît un peu, on sait que t’es un acharné de travail, est-ce que aussi c’est quelque chose que tu as envie de transmettre ce goût de l’effort, du travail bien fait, du « On n’a rien sans rien » finalement ?

 

  • Exactement c’est ça, après c’est vrai que je pense qu’il y a des limites et moi je ne suis pas dans la limite « rire ». Ce que j’ai envie de transmettre aussi c’est que quand on a un projet sportif, oui c’est du temps et beaucoup de sacrifices, on est loin de nos proches, ce sont des projets construits à plusieurs personnes et pour réaliser ces projets-là, il faut vraiment se donner à 100 %, voire plus, pour rien regretter derrière. Si t’as mis toutes tes chances de ton côté et que tu fais 5ème, 6ème   ou 10ème aux Jeux tu ne peux pas regretter parce tu sais que les autres ont été au-dessus, tu ne pourras pas te dire « ah bah si j’avais su ». Alors moi c’est ce que je veux aussi, c’est que les athlètes comprennent que oui c’est de la souffrance à l’entrainement, ça peut être de la souffrance en compétition ou en dehors,  quand tes copains partent en soirée  ou encore es repas de famille où t’es pas forcément là, ce sont des gros sacrifices, mais c’est de savoir pourquoi tu les fais et la récompense qui arrive derrière.

 

  • Il y a une phrase de Sandrine Martinet et Stéphane Houdet les portes drapeaux de Tokyo intéressante, ils disaient qu’ effectivement ils allaient certes être devant la délégation lors de la cérémonie d’ouverture mais qu’ils voulaient surtout être derrière les athlètes pour leur apporter leurs soutiens et leurs expérience. C’est un petit peu ce que tu viens de retranscrire à l’instant, de dire que voilà on va être devant pendant deux minutes mais finalement le porte-drapeau il est plutôt derrière à inciter les athlètes à donner le meilleur d’eux même.

 

  • Oui, oui, carrément c’est vrai, c’est vrai que le porte-drapeau il est en tête du cortège, mais en réalité il est plutôt derrière ses athlètes, à justement les booster, à les mettre dans de bonnes conditions, à les préparer aussi et surtout à faire en sorte qu’il y ait zéro regret dans la délégation en rentrant des Jeux Paralympiques.

 

  • On a vu que depuis Tokyo, on parle d’une seule et même équipe de France, est-ce que toi tu l’as ressenti vraiment ? est qu’il y avait un rapprochement avec les équipes olympiques?

 

  • Moi je dirais quand même que oui, par ce que depuis le début je pense qu’on a quand même pas mal échangé, et vu sur les réseaux sociaux aussi que ça relayait beaucoup entre les « Oly » et les « Para ». Après on est des sports d’hiver, on est quand même moins nombreux, c’est peut être plus visible sur le jeux d’été où il y a on va dire vingt fois plus d’athlètes. Mais je pense que ce n’est pas qu’un rôle de l’équipe de France, je pense que c’est aux médias et aux athlètes aussi de faire cette démarche-là, de faire en sorte que ce soit vraiment une seule et même équipe.

 

 

  • Vous êtes trois portes drapeaux avec Tessa Worley et Kevin Rolland, je crois savoir que Tessa Worley est du même coin que toi, mais est-ce que tu connaissais Kevin Rolland avant ? Quelles ont été tes relations avec ces deux autres portes drapeaux ? Vous avez été désignés le même jour, est-ce que tu savais que c’était eux ?

 

  • Tessa oui clairement ça fait 32 ans que je la connais, donc un peu plus facile aussi pour échanger. Oui on a été élu tous ensemble le même jour, donc oui j’étais très heureux pour Kévin et Tessa. Kevin non, je l’avais juste croisé une fois ou deux comme ça, après je connaissais quand même bien son nom parce que dans le milieu du ski c’est une renommée. J’ai aussi pu échanger un peu avec Kevin pendant les jeux. Mais pendant les Jeux j’ai vraiment voulu les laisser tranquille, parce que c’est vrai qu’ils ont des jeux à préparer.

 

 

  • On sait aussi que tu fais partie de beaucoup de team, la team EDF, l’armée de champions, qui a notamment des athlètes valides aussi, est ce que ces teams ça contribue finalement à cette meilleure communication entre le milieu valide et le milieu handi, non ?

 

  • Ah bah carrément, moi je le vois déjà très bien avec la team EDF et l’armée de Champions, par exemple au mois de décembre lors de la coupe du Monde de biathlon chez moi au Grand Bornand j’ai fait un petit passage sur l’équipe 21 avec Simon Fourcade de l’armée de champions aussi et il expliquait à l’antenne que clairement il était époustouflé par mes capacités physiques où tout ce qu’on peut faire sur les stages commando. Déjà tu te rends compte aussi qu’il n’y a pas de différences, qu’on a autant de capacité que les autres, sauf qu’on va le faire peut-être d’une autre façon mais que le résultat est le même.

 

Au Team EDF c’est pareil j’ai reçu pas mal de messages de Laura Georges et Alain Bernard récemment, forcément c’est hyper touchant. On est des athlètes avant tout, moi je le dis tout le temps, on est des sportifs de haut-niveau avec un handicap et non des personnes en situation de handicap qui font du sport. Et cette différence-là elle est grande, par ce que quand on dit un sportif de haut niveau, surtout moi je suis avec l’armée, on a un statut de professionnel ça veut dire qu’on fait autant d’heure et autant d’entrainement que des personnes valides.

 

 

  • Je reviens sur ce que tu viens de dire sur l’entrainement, pour que les gens se rendent bien compte, aujourd’hui une préparation paralympique pour Benjamin Daviet ça représente combien d’entrainements par semaine ?

 

  • Après ça dépend en fait, il y a des grosses semaines, où on fera plus de 40 heures par semaine et il y a des semaines qui sont plus cool, on va être à 10 heures. C’est en fonction de si on fait des efforts très intenses ou si on fait du volume. Après ce qu’il faut regarder, c’est plutôt que sur une année on fait environ 700 heures. Mais nous on ne compte pas trop en heure, car moi par exemple je fais 700 heures mais quelqu’un qui fait 400 heures de vélo dans l’année ça veut dire que les 300 autres heures il va faire de la musculation et du ski-roue. Moi je fais très peu de vélo donc forcément mes 700 heures elles sont quasiment tournées sur le ski-roue et la musculation. Il faut voir plus en nombre de séances que l’on va faire sur l’année, mais là par contre je ne peux pas te dire c’est mon coach qui les a « rire ».

 

  • Les chiffres montrent bien que c’est beaucoup d’heures et qu’on n’a rien sans rien.

 

  • On voit la concurrence d’année en année augmenter. Clairement au Championnat du monde si tu rates une balle, tu peux passer de la tête ou de la deuxième place à la cinquième place, ça se joue à trois ou quatre secondes, c’est juste fou. On peut prendre l’exemple aussi d’il y a 4 ans, quand j’ai décroché ma deuxième médaille d’or, au dernier kilomètre on est exæquo avec mon concurrent et je gagne finalement avec six secondes d’avance. Donc on se rend compte aussi de la difficulté pour accéder à un podium.

 

 

  • Est-ce que ta préparation a été quand même chamboulé par cette crise sanitaire, on imagine quand même qu’il y a eu moins de compétitions de références, est-ce que tu arrives à jauger la concurrence internationale ? grâce peut être à Lillehammer fin janvier ?

 

  • C’est vrai que depuis la covid, les Championnats du monde il y a deux ans ont été annulés en Suède. Donc forcément derrière on a eu une saison blanche l’année d’après, mais on en a profité pour travailler d’autres choses à l’entrainement. Ce qu’on ne peut pas travailler quand on a des compétitions tout l’hiver. Par exemple depuis le mois de mai dernier, on travaille avec Stéphane Tourreau qui est vice-champion du monde d’apnée, et c’est un gros complément qui a fait ces preuves. Sur les Coupes du monde on a vu que tout ce travail des deux dernières années avait payé. On sent vraiment que l’équipe est en forme physiquement, en forme mentalement. Tous les feux qui sont au vert, après c’est à nous de mettre les balles dans les cibles et appuyer sur les bâtons. A Lillehammer les pistes sont vraiment très compliqué, c’est le circuit le plus dur du monde même sur le circuit valide. A Pékin, les pistes ont plus le même profil que celles qu’ il y avait en Corée, il y a quatre ans.

 

  • Et elles t’ont plutôt réussi les pistes , il y a quatre ans…

 

  • Ouais « Rire »

 

  • Quelle sont d’ailleurs tes ambitions sur ces Jeux ? Evidement on sait que ce sont les Jeux Paralympiques et que à une balle près ça peut être très compliqué. Mais est-ce que Benjamin Daviet vient pour faire au moins aussi bien que Quentin Fillon Maillet ?

 

  • « Rires » j’ai fait mieux que Quentin y a 4 ans « rires » ! Non, après je me mets pas de pression au résultat, j’ai envie d’aborder ces Jeux comme je les ai abordé il y a quatre ans, c’est à dire faire ce que je sais faire, être appliqué sur les skis, donner le meilleur de moi-même, au tir être appliqué, faire attention au vent parce qu’il y a tout le temps du vent sur ce pas de tir, on l’a travaillé aujourd’hui et ça se passe très bien. De toute façon ce sont des petits détails qui vont faire que ça passera ou que ça ne passera pas. Après quand je prends le départ d’une course c’est pour viser la gagne et le podium donc forcément je vais prendre toutes les courses à fond, et j’espère ça passera sur toutes les courses forcément, je ne vais pas le cacher ! Après s’il y a une course ou malheureusement je fais 4ème ou 5ème, si j’ai aucun regret de ma course ce sera une très belle course pour moi donc c’est l’essentiel.

 

 

 

  • Pékin 2022, ce sera tes 3ème Jeux, est ce qu’il y en aura des 4èmes ?

 

  • Alors oui je l’espère ! Forcément j’aimerai bien aller à Milan, mais je ne veux pas dire complétement que j’y serais, par ce que ça dépendra de si mon corps respecte encore les 4 prochaines années et si ma tête aussi tient le choc. Mais après je sais clairement que je ne ferais pas les 4 prochaines années comme j’ai fait mes onze dernières années, je vais lever un peu le pied, je ne ferais peut-être pas toutes les Coupes du monde, et je ne ferais peut-être pas tous les stages, je vais vraiment cibler justement pour tenir les quatre prochaines années.

 

 

Jours de compétitions : 5, 8, 9, 10, 12 et 13 mars.

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