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Le « very good trip » du bad français

Pour la première apparition du badminton aux Jeux paralympiques, les Français ont marqué l’histoire de la discipline en remportant deux médailles. L’or en simple avec Lucas Mazur. Puis l’argent en double mixte pour le Français en duo avec Faustine Noël. De bon augure pour l’avenir.


Un clan français aussi bruyant qu’un stade plein

Longtemps mené lors de la finale du tournoi paralympique de badminton (catégorie SL4), Lucas Mazur a remporté la médaille d’or en simple. Une victoire au terme d’un match fou, face à l’Indien Suhas Yathiraj (15/21 – 21/17 – 21/15). Soutenu par le clan français, aussi bruyant qu’un stade plein à lui tout seul, le Français n’a jamais lâché. Et a remporté les points-clés aux moments importants du match.

Mazur, champion du money time

Après la perte du premier set, Lucas Mazur est mené  4-1 puis 12-9 dans le second. Mais finit par recoller à 15 partout. L’athlète invite alors le clan français à donner de la voix en levant les mains. Il bénéficie ensuite d’une faute directe bienvenue de l’Indien et enchaîne sur un smash gagnant sur le coté revers de son adversaire. Avant de s’envoler pour conclure la manche (21/ 17).

De nouveau mené au début du troisième set, il revient grâce à une belle amortie puis grâce à une nouvelle faute de l’Indien, qui envoie le volant hors des limites du terrain. Lucas Mazur va de nouveau faire la différence dans le money time… En empochant 7 des 8 derniers points pour conclure 21/15. Un modèle de force mentale.


« Il a fallu être patient et laisser passer l’orage »

« J’ai couru après le score une bonne partie du match. J’ai dû être très patient. J’ai laissé passer la tempête, qui a duré près de 40 minutes…En attendant les opportunités pour saisir ma chance. Je suis revenu au bon moment, dans le money time. C’est mon point fort », résume Lucas Mazur.

Le médaillé salue aussi son clan. « Mes entraîneurs peuvent être fiers d’eux. Notamment Sandrine Bernard qui m’a beaucoup aidé à diriger le bateau quand ça tanguait », confie-t-il.

1ere médaille du para badminton français aux Jeux
À Tokyo, Lucas Mazur remporte sa toute première médaille paralympique, enrichissant ainsi un palmarès qui compte déjà deux titres de champions du monde.

Préparation en handisport et chez les valides

Question classification, l’athlète concourt dans la catégorie SL4. Victime d’un AVC à l’âge de trois ans, Lucas Mazur est en effet handicapé à la cheville droite.

Âgé de 23 ans, le jeune étudiant en GEA (Gestion des Entreprises et Administrations) a découvert le badminton à l’école puis en club. Sport qu’il a d’abord pratiqué chez les valides, avec qui il a d’ailleurs toujours continué de jouer, en parallèle de son parcours handisport. « Aujourd’hui, je m’entraîne encore au quotidien avec les valides au pôle France junior de Bordeaux », précise l’intéressé.

L’arrivée dans le monde du handisport s’est fait assez simplement, sur les conseils d’un de ses premiers entraîneurs. « Enfant, je ne considérais pas que j’avais un handicap, mais plutôt une gêne au niveau de la cheville, raconte le champion paralympique. Le basculement s’est toutefois fait naturellement dès ma première compétition en 2013. Je me suis alors rendu compte qu’il y avait beaucoup de handicaps, visibles et invisibles, qu’on ne connaissait pas. »

Un double mixte prometteur pour Paris 2024

 

Pour la première apparition du para badminton aux Jeux, l’Equipe de France dresse donc un bilan plutôt flatteur.

D’autant qu’après son titre, Lucas Mazur a encore fait parlé de lui. En enchaînant avec Faustine Noël sur la finale du double mixte. Opposé à la paire indonésienne Hary – Leani Ratri, le duo français s’est cette fois incliné au terme d’un match très disputé  (23/21 – 21/17). Mais savoure sa médaille d’argent. « Ils étaient plus forts que nous », reconnaît Faustine Noël.

 

Mazur-Noël : un « cocktail Molotov » sur le court

Les deux athlètes forment une association atypique et même un « cocktail Molotov » dixit son coéquipier : «  Faustine est plutôt dans la zénitude et  le contrôle. Moi j’aime provoquer et essayer d’assommer l’adversaire. Nous sommes un peu l’association de l’eau et du feu. ».
« Hors du terrain, on a plutôt des caractères opposés, mais sur le terrain ça fait un bon mélange », ajoute son binôme.

Leur médaille d’argent promet de belles aventures à l’avenir. Créé en 2016, ce duo vise déjà les Jeux de Paris 2024, voire même ceux de Los Angeles en 2028…

Florent Godard

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